
La protection sociale des journalistes reporters employés constitue désormais l’une des principales préoccupations de l’Union des journalistes reporters du Mali (UJRM). À l’ouverture, ce samedi 26 septembre 2026 à Bamako, d’une journée d’échange et de réflexion consacrée à la Convention collective de la presse, le président de l’organisation, Boubacar Kanouté, a appelé à une meilleure connaissance et à une application effective des dispositions protégeant les travailleurs des médias.
Organisée au siège de l’UJRM, cette rencontre vise à permettre aux journalistes de mieux comprendre la Convention collective de la presse, adoptée en 2009, mais également à recueillir des propositions en vue de sa relecture. Pour Boubacar Kanouté, cette initiative répond à une préoccupation liée à l’avenir de la profession et aux conditions dans lesquelles les journalistes exercent leur métier.
S’appuyant sur le rapport de l’UJRM consacré aux conditions de vie et de travail des journalistes reporters, le président de l’organisation a relevé un déficit de connaissance de la Convention collective au sein de la profession. « Beaucoup de journalistes employés ignorent l’existence ou ne connaissent pas suffisamment la Convention collective de la presse », a-t-il indiqué, estimant que ce constat justifie la multiplication des espaces d’information et d’échange autour de ce texte.
La question de la protection sociale a occupé une place centrale dans le discours du président de l’UJRM. Selon les résultats présentés dans le rapport de l’organisation, une grande majorité des journalistes reporters employés ne seraient pas affiliés à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS).
Pour Boubacar Kanouté, cette situation pose directement la question de l’accès des journalistes aux droits sociaux, notamment en matière de retraite et de couverture maladie. Il a également souligné que la non-affiliation à l’INPS implique l’absence, dans les conditions prévues, de couverture par l’Assurance maladie obligatoire (AMO).
« La retraite, la couverture maladie et la protection de la famille ne sont pas des privilèges. Ce sont des droits sociaux fondamentaux qui doivent accompagner tout travailleur », a-t-il déclaré.
Le président de l’UJRM estime ainsi que la situation d’un journaliste employé ne doit pas être appréciée uniquement à travers son salaire mensuel. La déclaration du travailleur, son affiliation à l’INPS, son accès à l’AMO et ses droits à la retraite doivent également faire partie des éléments examinés lorsqu’il est question des conditions d’exercice du métier.
« Un journaliste ne devrait pas consacrer toute sa vie à informer les autres pour découvrir, au terme de sa carrière, qu’il n’a pas été suffisamment protégé pour sa propre retraite, sa santé et sa famille », a-t-il insisté.
Adoptée en 2009, la Convention collective de la presse intervient dans un secteur qui a connu d’importantes transformations au cours des dernières années. Développement du numérique, apparition de nouveaux métiers, évolution des modèles économiques des entreprises de presse et modification des conditions de travail sont autant de changements évoqués par le président de l’UJRM.
Pour Boubacar Kanouté, la relecture annoncée de la Convention collective par la Maison de la Presse constitue donc une démarche importante. Il a appelé à la poursuite de ce processus afin que le texte puisse davantage correspondre aux réalités actuelles des travailleurs et des entreprises de presse.
L’UJRM entend prendre part à cette réflexion. Les propositions issues de la rencontre doivent être transmises à la commission chargée de la relecture de la Convention collective, au sein de laquelle l’organisation professionnelle est représentée.
Pour le président de l’UJRM, l’amélioration de la protection sociale des journalistes ne relève pas uniquement des organisations professionnelles. Il a également appelé les employeurs à respecter leurs obligations envers leurs travailleurs et l’État à prendre sa part dans le processus de relecture et d’application des textes.
La présence de l’inspecteur de la sécurité sociale et expert-consultant en ressources humaines et décentralisation, Sékou Issa Diarra, a été saluée par le responsable de l’UJRM. Son intervention doit permettre aux journalistes de mieux comprendre leurs droits sociaux et professionnels, mais aussi de poser des questions sur les pratiques en vigueur dans les rédactions.
« La question sociale est inséparable de la question professionnelle », a déclaré Boubacar Kanouté, pour qui la protection du journaliste participe également à l’exercice professionnel et à la qualité de l’information destinée au public.
L’UJRM prévoit par ailleurs de poursuivre les échanges dans ses différentes coordinations régionales. L’objectif est d’élargir la réflexion aux journalistes de l’intérieur du pays et de recueillir leurs préoccupations en vue du processus de relecture de la Convention collective.
Au terme de son intervention, Boubacar Kanouté a invité les participants à ne pas limiter la rencontre au constat des difficultés, mais à formuler des propositions concrètes sur les droits professionnels et sociaux des travailleurs de la presse.
Abdallah Keïta
