
Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté, jeudi à Bamako, une nouvelle version de la loi organique fixant les conditions et modalités d’emploi des langues officielles du Mali. Approuvé par 122 voix pour, ce texte révisé vise notamment à mieux encadrer l’utilisation des langues officielles et à prévenir les risques d’exclusion ou de discrimination. Cette adoption intervient après la prise en compte des observations formulées par la Cour constitutionnelle.
Réunis en séance plénière au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les membres du CNT ont procédé à une seconde délibération du texte, conformément à l’arrêt n°2025-08/CC du 19 août 2025. Les modifications apportées concernent notamment l’intitulé de la loi et son article 7, dont la nouvelle formulation entend préciser les conditions d’utilisation des langues officielles.
Le texte révisé intègre également la liste des treize langues nationales reconnues au Mali. Il s’agit du bamanankan, du bozo, du dogon, du fulfulde, du hasanya, du mamara, du maninkakan, du soninke, du songhoï, du syenara, du tamasheq et du khassonké.
Cette révision s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Constitution promulguée en juillet 2023. En son article 31, celle-ci consacre les langues nationales comme langues officielles du Mali et prévoit qu’une loi organique détermine les conditions et modalités de leur emploi. Le français conserve, pour sa part, son statut de langue de travail.
Le processus de reconnaissance et de promotion des langues nationales s’appuie sur des textes antérieurs à cette réforme constitutionnelle. Dès 1996, la législation malienne avait posé les bases de leur promotion et consacré le principe d’égalité de traitement. Un décret publié au Journal officiel en 2017 avait également établi la liste des langues concernées.
À l’ouverture de sa session d’octobre, le CNT avait annoncé le réexamen de cinq lois organiques à la suite des observations de la Cour constitutionnelle. L’adoption de cette nouvelle version constitue ainsi une étape supplémentaire dans l’ajustement du dispositif juridique encadrant l’usage des langues officielles, avec pour enjeu de garantir leur application sans discrimination.
Par ABK
