
Selon les informations de notre confrère Issiaka Tamboura, le parquet du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité s’est autosaisi de faits présumés impliquant un jeune Malien résidant à l’étranger, connu pour ses prises de parole dans les médias et sur les réseaux sociaux. Les faits évoqués portent notamment sur l’apologie de crimes et délits, l’intelligence avec l’ennemi ou une puissance étrangère, ainsi que les injures à la mémoire des morts par le biais d’un système d’information. Si le parquet n’a pas officiellement dévoilé l’identité de la personne concernée, cette procédure intervient dans un climat de vive controverse autour des propos attribués à Cheick Oumar Doumbia, dit COD, sur le défunt général Sadio Camara.
La polémique a éclaté après une intervention de COD sur TikTok, au cours de laquelle il a tenu des propos offensants à l’égard de l’ancien ministre de la Défense et des Anciens Combattants, affirmant notamment que sa dépouille « brûle en enfer ». Ces déclarations ont suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux maliens, plusieurs internautes réclamant des poursuites judiciaires contre leur auteur.
Le général Sadio Camara a perdu la vie le 25 avril 2026, à la suite de blessures subies lors d’une attaque au véhicule piégé contre sa résidence à Kati. Sa seconde épouse et l’un de ses enfants ont également péri dans cette attaque, accentuant la douleur de ses proches.
La contestation a également pris une dimension collective. À Ségou, l’association « Les Sages de Ségou » a organisé une manifestation pour demander aux autorités ivoiriennes l’extradition de Cheick Oumar Doumbia vers le Mali. Cette mobilisation traduit la volonté des manifestants de voir cette affaire connaître des suites judiciaires, alors que les appels à des poursuites se multiplient sur les réseaux sociaux.
Face à l’ampleur des réactions, COD a présenté ses excuses à la famille du défunt lors d’un autre échange sur TikTok. Il a expliqué avoir pris conscience de la souffrance des proches du général, toujours éprouvés par sa disparition. Toutefois, il a également défendu ses positions en évoquant les propos controversés tenus par le passé sur d’autres personnalités décédées, notamment les anciens présidents Amadou Toumani Touré et Ibrahim Boubacar Keïta, ainsi que l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga.
Cette justification a contribué à entretenir la controverse. Pour plusieurs internautes, les excuses perdent de leur portée lorsqu’elles s’accompagnent d’arguments visant à défendre les déclarations initiales. Un oncle paternel de COD a, lui aussi, publiquement désapprouvé le comportement de son neveu, prenant ses distances avec ses propos.
Entre la mobilisation de l’association « Les Sages de Ségou », les réactions des internautes et l’autosaisine rapportée par notre confrère Issiaka Tamboura, le dossier suscite une attention croissante.
À ce stade, le parquet n’ayant pas publiquement identifié la personne visée par la procédure, l’implication de COD dans cette démarche judiciaire n’a pas été officiellement confirmée par les autorités. Les suites judiciaires éventuelles restent donc attendues.
La rédaction
