
Reçu au Kremlin par son homologue russe, le président de la Transition malienne a plaidé pour un élargissement de la coopération bilatérale aux secteurs de l’énergie, des mines, de la cybersécurité et de la formation. Moscou a notamment annoncé le passage à 300 bourses d’études pour les étudiants maliens en 2026-2027.
Le partenariat entre Bamako et Moscou affiche de nouvelles ambitions. Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a été reçu, vendredi 30 octobre 2026, au Kremlin, par le président russe Vladimir Poutine. Cette rencontre bilatérale, organisée en marge du troisième Sommet Russie-Afrique, a été consacrée au renforcement de la coopération entre les deux pays, avec une volonté affichée de dépasser les domaines traditionnels de collaboration.
À l’ouverture des échanges, Vladimir Poutine a salué l’engagement personnel de son homologue malien dans le développement des relations entre les deux États. Il a notamment rappelé l’entrée en vigueur, en mai dernier, de l’accord fondamental sur les relations Mali-Russie, ainsi que le 66e anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques.
Le dirigeant russe a également annoncé une augmentation du nombre de bourses d’études accordées aux étudiants maliens, qui passera à 300 pour l’année académique 2026-2027.
Pour Assimi Goïta, le rapprochement entre Bamako et Moscou s’inscrit dans une continuité historique remontant aux années 1960, sous les présidences de Modibo Keïta et de Nikita Khrouchtchev. Face aux recompositions géopolitiques actuelles, le chef de l’État malien estime qu’un renforcement des relations entre les deux pays est devenu indispensable.
Au-delà de la coopération sécuritaire, Bamako entend désormais donner une nouvelle dimension à ce partenariat. Le président de la Transition a notamment insisté sur le transfert de compétences et l’accompagnement des projets structurants. Il a, à ce titre, affirmé sa volonté de lever personnellement les blocages administratifs du côté malien afin d’accélérer la mise en œuvre des engagements en attente.
La transformation locale des ressources minières figure parmi les priorités évoquées. Le Mali souhaite également bénéficier de l’expertise russe dans le domaine du nucléaire civil, de l’énergie solaire, des systèmes énergétiques hybrides, des réseaux électriques et de la formation technique.
Si les ambitions économiques occupent désormais une place importante dans les discussions, la coopération sécuritaire demeure au cœur du rapprochement entre les deux capitales.
Assimi Goïta a salué l’engagement des forces partenaires russes aux côtés des Forces armées maliennes (FAMa), estimant que cette coopération a contribué au recouvrement progressif de la souveraineté du Mali. Il a également proposé d’étendre les échanges aux domaines du renseignement, de la cybersécurité et des équipements de surveillance du territoire.
Le chef de l’État a, par ailleurs, mis en avant plusieurs appuis russes en cours, notamment les livraisons de blé, de produits vivriers et d’hydrocarbures. Il a également évoqué le mémorandum relatif à la fourniture de semences et d’engrais, la construction de la centrale solaire de Sanankoroba ainsi que l’accord sur la reconnaissance mutuelle des diplômes.
Sur le plan diplomatique, le président malien a réaffirmé son attachement à un multilatéralisme fondé sur les principes de la Charte des Nations unies. Il a également salué le soutien de Moscou aux États membres de la Confédération des États du Sahel (AES).
Cette rencontre intervient dans un contexte de consolidation des relations entre le Mali et la Russie, alors que Bamako cherche à diversifier ses partenariats stratégiques et à renforcer ses capacités dans plusieurs secteurs essentiels.
Au-delà des déclarations d’intention, l’enjeu sera désormais de traduire ces ambitions en réalisations concrètes, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’industrialisation, de la formation et de la sécurité. Par Djibrilla Touré
