
L’organisation humanitaire internationale INSO (International NGO Safety Organisation) a publié, ce 7 octobre 2025, une déclaration dénonçant les accusations portées contre elle par les autorités burkinabè et réaffirmant son engagement à obtenir la libération de ses employés toujours en détention.
« Nous rejetons catégoriquement les allégations concernant nos activités au Burkina Faso et restons déterminés à tout mettre en œuvre pour obtenir la libération saine et sauve de tous nos collègues », indique le communiqué.
Présente dans plus de vingt pays à travers le monde, INSO se définit comme une organisation à but non lucratif, indépendante et respectueuse de ses principes humanitaires. Son rôle consiste à observer, analyser et partager des informations sur la sécurité, afin de protéger les travailleurs humanitaires opérant dans des zones à risques. L’organisation précise que les données qu’elle collecte ne sont pas confidentielles et sont « largement connues du public ». Selon elle, ces informations sont exclusivement destinées à renforcer la sécurité du personnel humanitaire sur le terrain.
INSO rappelle qu’elle exerce légalement ses activités au Burkina Faso depuis 2019, à la demande d’organisations locales et en accord avec les ministères compétents. « Les autorités burkinabè étaient, et restent, pleinement informées de notre travail et de notre mandat », souligne le communiqué. Cependant, le 28 juillet dernier, une visite des services de sécurité au bureau de l’organisation à Ouagadougou a conduit à l’arrestation de son directeur pays. Par la suite, quatre employés nationaux et trois internationaux dont le directeur global des programmes venu spécialement pour dialoguer avec les autorités ont également été interpellés.
L’organisation se dit profondément alarmée par les déclarations du ministre burkinabè de la Sécurité, qui aurait lié ses activités à des opérations de renseignement. « Associer notre travail de renforcement de la sécurité humanitaire à des activités de renseignement est non seulement faux, mais ne fera qu’accroître les risques pour les travailleurs humanitaires », avertit INSO. Depuis trois mois, l’ONG affirme avoir pleinement coopéré à l’enquête et sollicité à plusieurs reprises une rencontre directe avec le ministre de la Sécurité, sans succès jusqu’à présent.
INSO conclut sa déclaration en réaffirmant son engagement à défendre la vérité et à protéger son personnel. « Nous continuerons à œuvrer sans relâche pour obtenir la libération immédiate et en toute sécurité de nos collègues », assure-t-elle, appelant à la mobilisation de ses partenaires humanitaires face à cette situation.
Abdrahamane Baba Kouyaté
