
Le ministère de la Sécurité du Burkina Faso a annoncé la suspension des activités de l’ONG International NGO Safety Organisation (INSO) et l’ouverture d’une enquête pour collecte d’informations jugées sensibles. L’organisation, dont le siège est à La Haye aux Pays-Bas, intervient au Burkina depuis 2019 sous convention d’établissement, et se présente comme un organisme de formation en sécurité destiné aux ONG humanitaires.
Selon les autorités, des investigations ont révélé que l’ONG aurait recensé des itinéraires, des mouvements et la composition de convois militaires et de ravitaillement, ainsi que des informations sur des opérations sur le terrain et le nombre de victimes après des incidents. L’ONG aurait également utilisé un réseau local de collaborateurs, recrutant des nationaux, anciens membres des Forces de Défense et de Sécurité ou habitants de zones à défis sécuritaires, pour collecter et centraliser ces informations.
Le directeur pays, Jean-Christophe Emile Pegon, aurait reconnu avoir demandé à son personnel de recueillir certaines données, qui étaient ensuite centralisées dans une base à l’étranger. Malgré la suspension de l’ONG le 31 juillet 2025, certains responsables ont poursuivi des activités de collecte et d’organisation de réunions, entraînant l’interpellation de sept employés, dont la directrice adjointe Aminata Marianne Guisse et Thomas Muzik, directeur des programmes.
Les personnes interpellées seront présentées au Procureur du Faso pour enquête. Le ministère appelle les ONG et associations à respecter les textes en vigueur et invite la population à signaler tout comportement ou activité suspecte.
L’affaire soulève des questions sur la collecte d’informations par des ONG dans des zones sensibles et sur l’usage de ces données. Les autorités burkinabè ont indiqué qu’elles poursuivraient l’enquête afin de déterminer la responsabilité des personnes et entités impliquées.
Abdrahamane Baba Kouyaté
