
Lors de son prêche de ce vendredi, le président du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM), Chérif Ousmane Madani Haïdara, est revenu sur les propos qu’il avait tenus récemment devant le président de la Transition, le général Assimi Goïta. Des déclarations qui ont suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux et alimenté de nombreux débats au sein de l’opinion publique.
À l’origine de la controverse, une intervention du vice-président du HCIM, Maky Ba, qui avait évoqué l’existence d’insultes proférées à l’encontre de Dieu (Allah) et du prophète Mahomet (PSL). Face à cette situation, Maky Ba avait interpellé les plus hautes autorités du pays, les appelant à prendre des mesures fermes contre ces dérives jugées graves et dangereuses pour la cohésion sociale.
Prenant la parole à son tour, Chérif Ousmane Madani Haïdara, guide spirituel des Ançars, avait tenu à nuancer le débat. Selon lui, le véritable problème ne réside pas uniquement dans les insultes visant Dieu et Son prophète, mais plutôt dans la virulence de certains leaders religieux prêchant dans les mosquées. Des discours qu’il estime sources de divisions, de tensions et de discorde au sein de la société malienne.
Revenant une nouvelle fois sur la question lors de son dernier prêche, le président du HCIM a expliqué que ses propos visaient à mettre en lumière ce qu’il considère comme l’élément déclencheur de ces dérives verbales : des sermons dans lesquels certains imams s’attaquent ouvertement à d’autres imams, à des leaders religieux concurrents, voire à des personnalités du pays. « Ce climat de violence verbale crée un terreau favorable aux insultes et à l’irrespect », a-t-il laissé entendre.
Chérif Ousmane Madani Haïdara a également reconnu être intervenu à plusieurs reprises pour la libération de leaders religieux avec lesquels il ne partage pourtant pas les mêmes orientations ou courants religieux. Une réalité d’ailleurs rappelée publiquement par le président de la Transition lui-même : « On les arrête, mais c’est vous-même qui êtes intervenu à un moment donné pour qu’on les libère. Soit on mène la lutte, soit on laisse tomber », avait déclaré le général Assimi Goïta.
Au cours de son prêche, Haïdara a fourni des exemples et des détails pour étayer sa thèse, affirmant que ce sont « ces soi-disant imams », par leurs propos injurieux et provocateurs, qui finissent par insulter le prophète et offrir à d’autres l’occasion d’en faire autant. Un appel implicite à l’autocritique et à la responsabilité au sein de la communauté religieuse, dans un contexte national marqué par de fortes tensions sociales et sécuritaires.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
