
Le jeudi 12 février 2026, à partir de 8 heures, l’Hôtel de l’Amitié de Bamako a accueilli le troisième Comité de pilotage du projet « Accès à l’Énergie Durable pour Toutes et Tous » (AEDTT2). Cette rencontre a permis aux partenaires techniques, aux autorités nationales, aux élus locaux et au bailleur de fonds de faire le point sur l’état d’avancement du projet et de définir les priorités pour les deux prochaines années.
Mis en œuvre par Geres en partenariat avec l’ONG AMEDD et l’entreprise sociale Green Biz Africa (GBA), le projet est financé par Union européenne. La session était présidée par l’ingénieur Boubacar Tangara, représentant le Directeur national de l’énergie. À ses côtés, Aïssata Tall, représentante de Geres au Mali, et Olivier Lefay, représentant de la Délégation de l’Union européenne au Mali. La maire de Gadougou II (région de Kita), Néné Demba, est intervenue au nom des huit communes bénéficiaires.
En ouvrant les travaux, Boubacar Tangara a rappelé que ce troisième comité vise à évaluer les progrès réalisés depuis le précédent COPIL tenu en septembre 2024, à valider le compte rendu de cette session et à définir les orientations pour la période à venir. Il a insisté sur le rôle central de l’énergie dans le développement socioéconomique du Mali, soulignant que l’accès à une énergie fiable est indispensable pour soutenir l’agriculture, l’artisanat, le commerce, la santé ou encore l’éducation.
Selon lui, le projet AEDTT2 s’inscrit pleinement dans les objectifs de la Politique énergétique nationale. Depuis son lancement en 2023, avec l’appui financier de la Suède puis de l’Union européenne, il a permis la construction et la mise en service de cinq Zones d’Activités Électrifiées (ZAE) et de neuf périmètres maraîchers. Trois nouvelles ZAE et trois périmètres supplémentaires sont prévus d’ici décembre 2027.
Prenant la parole, Aïssata Tall a salué la mobilisation des partenaires institutionnels, des agences nationales de l’énergie, des ONG et des collectivités territoriales. Elle a détaillé les avancées enregistrées depuis le dernier comité : cinq nouvelles ZAE mises en service, accompagnement des très petites entreprises (TPE) pour développer leurs activités, initiatives de reboisement et diffusion de foyers améliorés en banco pour réduire l’empreinte carbone, ainsi que l’aménagement de neuf périmètres maraîchers.
Elle a souligné que ces résultats sont le fruit d’un travail collectif impliquant les équipes de Geres, AMEDD et GBA, mais aussi les services techniques de l’État et les communautés bénéficiaires. « L’engagement des collectivités et des bénéficiaires est essentiel pour garantir la réussite et la pérennité du projet », a-t-elle affirmé.
De son côté, le représentant de l’Union européenne, Olivier Lefay, a rappelé que l’accès à l’énergie constitue une priorité stratégique pour la coopération européenne au Sahel. Il a souligné qu’environ 60 % de la population malienne n’a toujours pas accès à l’électricité, ce qui freine le développement économique et social.
Avec un investissement de 5 millions d’euros, soit environ 3,3 milliards de FCFA pour cette deuxième phase, l’Union européenne entend soutenir une transition énergétique durable et inclusive. Les résultats présentés lors du comité illustrent cet engagement : cinq ZAE inaugurées en 2025, portant à treize le nombre total de zones opérationnelles au Mali ; trois nouvelles zones en construction ; 98 promoteurs et employés de TPE ayant développé leurs activités grâce à un accès stable à l’électricité ; 21 périmètres maraîchers bénéficiant à plus de 1 000 femmes exploitantes, avec des rendements multipliés par trois grâce à l’irrigation solaire ; et 11 collectivités territoriales accompagnées dans des projets bas carbone.
Le modèle des Zones d’Activités Électrifiées ne se limite pas à l’installation d’infrastructures. Il comprend également un appui à la formalisation des entreprises, des formations en gestion, l’élaboration de plans d’affaires et la facilitation de l’accès au crédit grâce à des partenariats avec des institutions financières locales.
Intervenant au nom des communes bénéficiaires, la maire Néné Demba a témoigné de l’impact du projet sur le terrain. Elle a expliqué que l’électricité permet aux jeunes de créer des activités génératrices de revenus, aux femmes d’accroître leur production maraîchère et aux artisans d’améliorer leurs conditions de travail. Elle a également insisté sur l’importance de l’accompagnement technique pour assurer la durabilité des investissements.
Pour la période 2026-2027, les partenaires ont annoncé plusieurs priorités : finaliser les trois ZAE et les périmètres maraîchers en cours, renforcer la viabilité économique des infrastructures à travers des modèles de gestion adaptés et une tarification sociale, et mettre en place un fonds de garantie pour faciliter l’accès des TPE au financement.
À l’issue de la rencontre, les participants ont réaffirmé leur engagement commun à faire de l’accès à l’énergie un levier concret de développement local. Le troisième Comité de pilotage d’AEDTT2 aura ainsi permis de confirmer les progrès réalisés et de fixer un cap clair pour les prochaines étapes du projet.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
