
Dans une courte vidéo largement relayée sur les plateformes numériques, l’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly a une nouvelle fois pris position sur l’évolution politique en Afrique de l’Ouest. Au cœur de sa sortie : la recomposition de l’espace régional et le rôle de l’Alliance des États du Sahel.
Le chanteur a regretté la fracture institutionnelle entre la Confédération sahélienne et la CEDEAO, estimant qu’il aurait préféré voir les États ouest-africains évoluer dans un cadre commun. Selon lui, la création de l’AES, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, donne le sentiment d’une union davantage tournée vers la consolidation des transitions en cours que vers l’organisation rapide d’échéances électorales. « On a l’impression que c’est être unis pour éviter d’aller aux élections », a-t-il affirmé.
Fidèle à son engagement artistique et politique, Tiken Jah Fakoly n’en est pas à sa première prise de position sur la gouvernance dans la région. En août 2024, dans son titre « Actualités brûlantes », il dénonçait déjà ce qu’il considérait comme des restrictions de la liberté d’expression dans les pays concernés, évoquant les difficultés rencontrées par les voix critiques.
La diffusion de sa récente déclaration a rapidement suscité de nombreuses réactions en ligne. Sur les réseaux sociaux, certains internautes ont salué le courage de l’artiste et son attachement affiché aux principes démocratiques. D’autres, en revanche, ont vivement contesté ses propos, l’accusant d’ingérence ou multipliant critiques et invectives à son encontre.
Cette polarisation illustre la sensibilité du sujet dans un contexte régional marqué par des transitions politiques, des enjeux sécuritaires majeurs et une redéfinition des alliances. La sortie de Tiken Jah Fakoly confirme, une fois de plus, que les artistes engagés continuent d’occuper une place singulière dans le débat public ouest-africain, au risque de s’exposer à des réactions contrastées.
Par Abdallah Keïta
