
Ce matin, au marché de bétail de D´Ansongo, l’ambiance habituelle d’échanges et de négociations a laissé place à la surprise et à la frustration. Le constat est unanime : les prix des moutons ont fortement augmenté, atteignant presque le double de ceux enregistrés l’année dernière à la même période.
Dès les premières heures de la matinée, acheteurs et revendeurs se croisent, mais les transactions peinent à aboutir. Pour beaucoup de clients, les prix affichés sont tout simplement hors de portée.
C’est le cas de Malik Maïga, venu avec l’espoir de repartir avec un mouton. Il repartira finalement les mains vides. « On m’a demandé 100 000 francs pour un petit mouton. L’année dernière, le même type de mouton coûtait entre 60 000 et 65 000 francs », déplore-t-il, visiblement déçu. Face à ces prix jugés excessifs, il a préféré renoncer à son achat.
Du côté des vendeurs, la situation est expliquée par des contraintes d’approvisionnement. Interrogé sur la hausse des prix, Adoum Ag, commerçant basé évoque une conjoncture difficile. Selon lui, la rareté du bétail sur le marché est le principal facteur de cette flambée. « Le marché est sec. Il y a moins de moutons disponibles et cela fait monter les prix dès la source », explique-t-il.
À cette situation s’ajoute un facteur saisonnier bien connu des acteurs du secteur : l’approche de la fête de Tabaski. La forte demande en bétail à cette période exerce une pression supplémentaire sur les prix, accentuant davantage la hausse observée.
Entre rareté de l’offre, hausse des coûts à l’approvisionnement et pression de la demande liée aux festivités, le marché de D´Ansongo illustre une réalité économique difficile pour de nombreux ménages. Une situation qui laisse présager une Tabaski particulièrement coûteuse cette année pour les consommateurs.
Par Djibrilla Touré depuis Ansongo
