
La radiation de 40 fonctionnaires stagiaires de la 7e cohorte du Service national des jeunes (SNJ) continue de susciter des réactions. Face aux interrogations soulevées par cette mesure, le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a apporté des clarifications, défendant une décision qu’il juge nécessaire pour préserver l’ordre, la discipline et les valeurs républicaines au sein de la fonction publique.
Pour le ministre, l’enjeu dépasse largement le cadre d’une simple sanction administrative. Il s’agit avant tout de renforcer la qualité du service public et de rappeler aux futurs fonctionnaires leur responsabilité envers les citoyens.
« Au niveau de la fonction publique, il faut renforcer certaines valeurs pour le bonheur des populations. Ceux qui entrent dans la fonction publique doivent savoir qu’ils sont recrutés pour servir le peuple malien », a-t-il déclaré.
Selon lui, le Service national des jeunes constitue aujourd’hui un outil essentiel de formation citoyenne destiné à inculquer aux futurs agents de l’État des valeurs fondamentales telles que la discipline, la détermination, la rigueur, le sens du devoir et l’honnêteté professionnelle.
Le ministre reconnaît toutefois que l’adaptation à la vie du centre de formation peut représenter un défi pour certains participants. « Quand un jeune rejoint cette formation, il peut rencontrer des difficultés. C’est à travers le dialogue et la communication que nous cherchons à comprendre ces problèmes », explique-t-il.
Mais une fois admis au centre d’instruction de Bapho, les règles sont clairement établies.
« À Bapho, c’est la règle militaire qui s’applique et chacun doit la respecter. Ces règles sont enseignées à tous les participants sans distinction », insiste le ministre.
Une minorité sanctionnée au nom de l’intérêt collectif
La décision de radiation concerne 40 agents sur près de 2 000 stagiaires actuellement en formation au centre de Bapho. Pour Abdoul Kassim Fomba, les sanctions prises restent exceptionnelles au regard des effectifs concernés.
« Aujourd’hui, il y a environ 2 000 personnes à Bapho et seulement 40 ont été radiées. C’est une décision difficile, mais nous devons maintenir l’ordre et la rigueur », affirme-t-il.
Cette mesure fait suite à des actes qualifiés d’insubordination et de refus d’obéissance. Selon plusieurs sources, les agents concernés auraient quitté le centre d’instruction sans autorisation afin de rejoindre Bamako à l’occasion de la fête de Tabaski, en violation des consignes établies par leur hiérarchie.
La décision de radiation a été officialisée le 2 juin 2026 par le directeur général du SNJ, le Colonel-Major Tiémoko Camara. Parmi les personnes sanctionnées figureraient des administrateurs civils, des auditeurs de justice, des greffiers en chef, des inspecteurs des impôts, du trésor et des finances, des contrôleurs des douanes, des agronomes, des enseignants ainsi que des conseillers des affaires étrangères.
Pas une exclusion définitive de la fonction publique
Face aux inquiétudes suscitées par cette sanction, le ministre tient toutefois à préciser que les agents concernés ne sont pas exclus de la fonction publique.
« Leur radiation concerne la liste du centre de Bapho. Cela ne signifie pas qu’ils sont radiés de la fonction publique », souligne-t-il.
Le membre du gouvernement rappelle néanmoins que la législation malienne est sans ambiguïté sur la question.
« Les textes sont clairs : personne ne peut prendre effectivement service dans la fonction publique sans avoir accompli la formation militaire obligatoire », rappelle-t-il.
Les agents sanctionnés disposent ainsi d’une possibilité de régularisation. Ils pourront intégrer une prochaine cohorte afin d’accomplir leur formation et satisfaire à cette obligation légale.
À travers cette affaire, les autorités entendent réaffirmer le rôle stratégique du Service national des jeunes dans la construction d’une administration plus disciplinée et plus proche des citoyens.
Créé pour renforcer l’éducation civique, morale, patriotique et professionnelle des jeunes Maliens, le SNJ repose sur une devise évocatrice : « Apprendre, Servir, Défendre ». L’institution vise à former des citoyens capables de servir l’État avec loyauté, responsabilité et sens du sacrifice.
Par ABK
