
En annonçant des primes pouvant atteindre 2 milliards de FCFA pour des informations conduisant à l’arrestation ou à la neutralisation de plusieurs chefs terroristes recherchés, le Mali adopte une stratégie déjà utilisée dans plusieurs pays confrontés à la menace terroriste.
L’histoire récente montre que les récompenses financières ont parfois joué un rôle décisif dans la localisation de personnes recherchées. Parmi les cas les plus connus figure Ramzi Yousef, cerveau de l’attentat contre le World Trade Center en 1993, arrêté au Pakistan après des renseignements fournis aux autorités américaines. D’autres opérations ont également bénéficié d’informations rémunérées, notamment celles ayant conduit à la localisation des fils de Saddam Hussein, Uday et Qusay Hussein, en Irak en 2003. Plus récemment, plusieurs responsables de groupes extrémistes ont été identifiés ou localisés grâce à des informateurs motivés par les importantes primes offertes par différents gouvernements.
Dans cette logique, les autorités maliennes entendent renforcer le rôle du renseignement humain dans la lutte contre l’insécurité. Selon le communiqué publié le 4 juin, des récompenses allant de 500 millions à 2 milliards de FCFA seront accordées à toute personne fournissant des renseignements fiables, pertinents et exploitables sur plusieurs individus activement recherchés.
La plus forte prime concerne Iyad Ag Ghaly, chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), pour lequel 2 milliards de FCFA sont proposés. Des récompenses de 1,5 milliard de FCFA sont également annoncées pour des informations concernant Amadou Kouffa et Abdoulaye Mahamadou Bekaye Diallo, alias Doulé Bib. D’autres personnalités figurent sur la liste, notamment Algabas Ag Intalla, Bilal Ag Acherif, Seden Ag Hita et Abdirahman Al Batna Al Jazairi.
Pour les autorités maliennes, cette initiative vise à encourager la collaboration citoyenne et à accroître les capacités de renseignement dans un contexte où les groupes armés continuent d’exploiter la mobilité et la discrétion pour échapper aux forces de sécurité. À travers le monde, plusieurs expériences montrent que les informations provenant des populations peuvent parfois permettre d’obtenir des résultats que les moyens militaires ou technologiques seuls peinent à atteindre.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
