
Le journaliste malien et président-directeur général de DIFA communication, Abdoul Aziz Moussa Maïga, plus connu sous le nom d’« Aziz ne ment pas », est revenu sur les circonstances de son interpellation et de sa détention en Côte d’Ivoire. Dans un témoignage, il affirme avoir été arrêté alors qu’il séjournait à Abidjan pour des raisons personnelles et assure n’avoir jamais compris les véritables raisons de son arrestation.
Selon lui, il est arrivé à Abidjan le 29 avril aux environs de 14 heures, dans le cadre d’affaires personnelles. Le 3 mai, jour prévu pour son retour, il déclare avoir été invité par le frère d’un ami artiste malien à partager un repas dans une dibiterie. À leur retour, ils auraient trouvé les forces de l’ordre à son lieu d’hébergement.
« Tous mes effets personnels, y compris mon téléphone, ont été saisis et je n’ai pu joindre personne », explique-t-il. Interpellé en compagnie de deux autres personnes, ces dernières ont été libérées dès le lendemain, tandis que lui est resté en détention.
Abdoul Aziz Moussa Maïga estime que cette interpellation pouvait être liée à son activité journalistique, sans toutefois en avoir la certitude. Il indique avoir été soupçonné d’être un espion au profit d’une puissance étrangère. « Mais de quel pays ? Cela n’a jamais été mentionné », affirme-t-il, précisant que les chefs d’accusation retenus contre lui portaient sur un présumé « rassemblement de renseignements au profit d’une puissance étrangère ». Il soutient que les investigations menées par les autorités n’ont finalement révélé aucun élément compromettant à son encontre.
Présenté devant une juge d’instruction le 26 mai, il espérait regagner le Mali à la veille de la fête de la Tabaski. Au lieu de cela, il a été transféré le même jour à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA).
Le journaliste décrit cette journée comme « le moment le plus triste » de sa vie. Durant sa détention, il affirme n’avoir subi ni mauvais traitements ni harcèlement. Coupé de tout contact avec l’extérieur, il dit avoir rythmé son quotidien entre la lecture, la prière, les promenades et les échanges avec d’autres détenus.
« La prison, c’est la petite sœur de la mort. Tu es déconnecté de toutes les réalités du monde extérieur. C’est le pire environnement que l’être humain puisse vivre », confie-t-il, estimant que cette épreuve lui a permis de mesurer le soutien de ses proches.
Concernant les démarches entreprises pour obtenir sa libération, Abdoul Aziz Moussa Maïga indique ne pas avoir vu publiquement d’actions des autorités, tout en reconnaissant que de nombreuses personnes se sont mobilisées en sa faveur. « Peut-être que mon statut de journaliste me rend un peu particulier, mais je me considère comme une personne lambda. Je suis un journaliste malien et j’en suis fier », déclare-t-il.
Le 18 juin, son avocat l’informe qu’il doit comparaître une nouvelle fois devant la juge d’instruction. Selon son récit, cette dernière lui annonce que les enquêtes sont terminées et qu’aucun élément compromettant n’a été retenu contre lui.
« Je n’ai rien fait. J’étais simplement une personne en transit en Côte d’Ivoire et j’ai pourtant été détenu pendant près de 47 jours », affirme-t-il.
Après sa remise en liberté, Abdoul Aziz Moussa Maïga indique avoir transité par un autre pays avant de regagner le Mali. Il conclut son témoignage en adressant ses remerciements à toutes les personnes qui l’ont soutenu, de près ou de loin, durant cette période qu’il qualifie de particulièrement éprouvante.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
