
Le président burkinabè de la Transition, Ibrahim Traoré, a vivement critiqué certaines interprétations de la religion, qu’il considère comme un frein à la réflexion et un facteur pouvant favoriser les dérives extrémistes. Il s’est exprimé le 4 septembre 2026 à l’occasion de la Journée de l’excellence scolaire.
Pour le chef de l’État, une compréhension qu’il juge erronée des enseignements religieux peut conduire à renoncer à l’esprit critique. « La mauvaise compréhension de la religion nous amène à être bêtes, et très bêtes », a-t-il déclaré, estimant que cette situation empêcherait certains individus de développer leur capacité de réflexion.
Ibrahim Traoré a également établi un lien entre cette lecture de la religion et l’essor du terrorisme. Selon lui, certains combattants adhèrent à des discours extrémistes en raison de la promesse de récompenses dans l’au-delà. Il a notamment évoqué la croyance selon laquelle les auteurs d’attentats seraient assurés d’accéder au paradis et d’y recevoir des récompenses, citant l’idée des « 72 vierges ».
Au-delà de cette question, le président burkinabè a appelé à une réflexion sur la transmission et l’interprétation des croyances religieuses. Il a également déploré ce qu’il présente comme la méconnaissance, par les sociétés africaines, de leurs propres figures spirituelles.
« Dieu a envoyé beaucoup de prophètes et de guides à nous les Noirs », a-t-il affirmé, regrettant que certaines de ces figures n’aient pas été reconnues ou aient été rejetées au cours de l’histoire.
Ces déclarations interviennent dans un contexte régional marqué par la persistance des violences attribuées aux groupes armés jihadistes. À travers son intervention, Ibrahim Traoré met ainsi en avant l’éducation et l’esprit critique comme des éléments de réponse aux interprétations religieuses qu’il considère susceptibles d’alimenter l’extrémisme.
Par la rédaction
