
Il est 9 heures lorsque les représentants syndicaux venus des quatre coins du Mali investissent progressivement la salle des 200 places du Mémorial Modibo Keïta. Les salutations fraternelles, les poignées de main et les retrouvailles entre délégués témoignent de l’importance de ce rendez-vous. En ce mardi 28 juillet 2026, la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) tient son 4ᵉ Conseil confédéral, avec en toile de fond les défis économiques, sociaux et professionnels auxquels sont confrontés les travailleurs maliens.
Dès l’ouverture, le représentant du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mamadou Diakité, place le dialogue social au cœur de son intervention. Saluant les efforts de la CSTM en faveur de la défense des travailleurs, il rappelle que les entreprises comme les salariés évoluent aujourd’hui dans un environnement marqué par de profondes mutations. Face aux attentes liées à l’emploi décent, à la protection sociale, aux conditions de travail et au pouvoir d’achat, il estime qu’aucun acteur ne peut relever seul ces défis. Selon lui, seule une coopération étroite entre l’État, les employeurs et les organisations syndicales permettra de construire un développement économique durable et de préserver un climat social apaisé.
Dans une salle attentive, le Secrétaire général de la CSTM, Hamadoun Amion Guindo, livre ensuite un discours empreint de détermination. Il décrit ce Conseil confédéral comme une étape décisive pour l’avenir de l’organisation syndicale. Évoquant les difficultés sécuritaires, la précarité de l’emploi et la montée du chômage des jeunes, il affirme que le mouvement syndical doit plus que jamais parler d’une seule voix pour défendre les intérêts des travailleurs. Les travaux de ce conseil, porteront notamment sur l’adoption d’amendements aux statuts et au règlement intérieur, le renforcement de la gouvernance interne, l’amélioration du dialogue social, la santé et la sécurité au travail, ainsi que la promotion des normes internationales du travail.
Le responsable syndical insiste également sur la nécessité de préparer l’avenir en favorisant une plus grande implication des jeunes et des femmes dans les instances dirigeantes de la Confédération. Il rend hommage aux militants syndicaux qui, souvent dans l’ombre, poursuivent leur engagement quotidien en faveur des droits des travailleurs sur l’ensemble du territoire national.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Seydou Diallo rappelle pour sa part le rôle essentiel des syndicats dans l’amélioration des conditions de vie et de travail des salariés. Il souligne que la stabilité sociale demeure un facteur déterminant de la croissance économique et invite les responsables syndicaux à inscrire leurs travaux dans le strict respect des textes nationaux et des conventions internationales ratifiées par le Mali.
Le représentant du ministère appelle également les organisations syndicales à renforcer leur unité d’action, à respecter leurs textes internes et à renouveler régulièrement leurs instances afin de préserver leur crédibilité et d’éviter les divisions. À l’approche des prochaines élections professionnelles, il estime que les recommandations issues de ce Conseil devront contribuer à consolider la gouvernance syndicale et le dialogue social.
À l’issue de cette cérémonie d’ouverture, un même message s’impose : face aux mutations du monde du travail, la concertation demeure le principal levier pour défendre les droits des travailleurs tout en accompagnant le développement économique du pays. Pendant plusieurs heures, les délégués poursuivront leurs échanges avec l’ambition de dégager des orientations capables de renforcer la CSTM et de faire progresser le dialogue social au Mali.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
