
Au Centre de formation professionnelle de Sénou, l’heure n’était ni aux promesses abstraites ni aux discours creux, ce mardi 3 mars 2026. Sous le regard attentif des formateurs et des apprenants, le ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle a procédé à une remise effective de matières d’œuvre destinées à plusieurs centres à travers le pays. Montant de l’opération : deux milliards de francs CFA, entièrement mobilisés sur le budget national.
Arrivée sur les lieux, la ministre Oumou Sall Seck a pris la mesure de l’événement : ici, des équipements pour la construction métallique et l’électricité bâtiment ; là, du matériel pour la mécanique, le froid-climatisation, la menuiserie bois ou encore la coupe-couture et la teinture. Autant d’outils appelés à transformer les ateliers en véritables espaces de production et d’apprentissage pratique.
Dans son allocution, la ministre a inscrit cette initiative dans la dynamique impulsée par les autorités de la Transition, saluant la vision du Président, Assimi Goïta, et l’action gouvernementale conduite par le Premier ministre, Abdoulaye Maïga. Mais au-delà des références institutionnelles, le message central était clair : faire de la formation professionnelle un levier concret d’insertion durable.
Les centres de Sénou, Missabougou, Fana, Tominian, Sikasso, Yanfolila et Badougou Djoliba bénéficieront d’équipements pour les filières du bâtiment et assimilées. À Kéniéba, Yangasso et Bougouni, l’accent est mis sur la mécanique automobile et moto, l’électricité photovoltaïque et l’électronique. D’autres localités, dont Kéléya, Saye, Yorosso et Dioïla, recevront des matières d’œuvre pour la coupe-couture et la teinture. À travers cette couverture élargie, le ministère entend répondre aux réalités économiques locales tout en renforçant l’employabilité des jeunes et des femmes.
« Ces équipements incarnent le lien vital entre la théorie et la pratique », a souligné la ministre, rappelant que la qualité d’une formation dépend d’abord de la capacité des apprenants à manipuler, expérimenter et produire. Dans un contexte où le défi de l’emploi reste pressant, l’option choisie est celle du pragmatisme : doter les centres d’outils adéquats afin que les sortants soient immédiatement opérationnels sur le marché du travail ou capables de créer leur propre activité.
La cérémonie a été ponctuée par une remise symbolique à trois centres, sous les applaudissements de l’assistance. Un geste fort, qui matérialise le lancement d’une opération d’envergure nationale. Mais la séquence la plus révélatrice de la journée est peut-être intervenue après les discours, lorsque la ministre a visité le magasin de stockage du centre de Sénou. Entre vérification des stocks et échanges avec les responsables, le ton était ferme : ces ressources publiques doivent être gérées avec rigueur, transparence et responsabilité.
Aucune tolérance ne sera accordée à un éventuel détournement de leur vocation première, a-t-elle insisté, appelant les directeurs à faire preuve d’un engagement sans faille pour que chaque matériel serve exclusivement à la formation et à l’épanouissement professionnel des apprenants.
En misant sur un financement intégralement national et sur un suivi de proximité, le ministère affiche ainsi une ligne directrice assumée : traduire les orientations politiques en actions mesurables, investir dans les compétences plutôt que dans les effets d’annonce, et placer la formation professionnelle au cœur de la stratégie de souveraineté économique du Mali.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté
