
Le ton est monté ce vendredi à la tribune des Nations Unies. Le Premier ministre malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a profité du Débat général de la 80e session ordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU pour dénoncer avec vigueur l’implication de l’Ukraine dans les attaques terroristes au Sahel.
« Une année plus tard, la situation s’est accrue et le régime ukrainien est devenu l’un des principaux fournisseurs de drones kamikazes aux groupes terroristes dans le monde », a martelé le chef du gouvernement malien, rappelant que Bamako avait déjà alerté l’ONU en 2024, après l’attaque meurtrière de Tinzawatène attribuée en partie à des officiels ukrainiens.
Pour le Mali, l’affaire ne relève plus de simples accusations. Abdoulaye Maïga a pointé du doigt une stratégie concertée où, selon lui, certains États occidentaux alimentent indirectement le terrorisme au Sahel en soutenant l’Ukraine. « Certains doivent cesser de fournir des armes à l’Ukraine, au risque de contribuer à la promotion du terrorisme international », a-t-il averti, avant de mettre en cause la France, accusée de manœuvrer pour détourner l’attention internationale et de soutenir en sous-main des groupes armés dans la région.
Le Premier ministre a également regretté l’inaction du Conseil de sécurité de l’ONU, saisi par le Mali dès août 2022 pour apporter des preuves du soutien français aux réseaux terroristes. « Il est temps d’agir, pour que les responsables de ces violences soient identifiés et confondus », a-t-il insisté, appelant à des engagements concrets pour sécuriser l’espace sahélien et garantir que ses ressources profitent enfin aux populations locales.
Par Abdramane Baba Kouyaté
