
Tout est parti de la suspension des salaires de plus de 36 000 fonctionnaires non enregistrés dans le Système intégré de gestion des ressources humaines (SIGRH). Une mesure qui a touché de nombreux enseignants, dont certains pourtant régulièrement enrôlés. Face à cette situation, le Bureau exécutif national du Syndicat national de l’éducation et de la culture (BEN-SNEC) a déjà brandi la menace d’une grève générale.
Réunis ce mercredi avec plusieurs ministres concernés, les responsables syndicaux ont obtenu l’assurance que des consignes avaient été données aux structures compétentes afin de procéder au paiement intégral des salaires suspendus. Mais cette promesse ne suffit pas à calmer les esprits. « Nous doutons que le problème puisse être réglé avant la reprise prévue demain », a déclaré à notre rédaction Ousmane Almoudou, secrétaire général du SYNEFCT et porte-parole de la Synergie de l’éducation.
Sur le terrain, la grogne s’amplifie. Le bureau régional du SYNATEM à Bamako a annoncé dans un communiqué, publié ce mardi après-midi, qu’il se « réserve le droit d’observer un arrêt de travail à partir du 1er octobre, jusqu’au paiement intégral des salaires ». Les centrales syndicales de Gao, Dioïla, Koulikoro et Kayes ont déjà déposé des préavis confirmant leur intention de ne pas reprendre les cours tant que la situation ne sera pas régularisée.
Dans ce climat tendu, une nouvelle réunion entre les syndicats de l’éducation et le gouvernement est prévue dans la soirée de ce mardi. Elle sera décisive pour déterminer si la rentrée scolaire aura bien lieu ce mercredi ou si un report s’imposera. À ce stade, l’incertitude demeure totale, et l’inquiétude gagne les familles, qui redoutent de voir une nouvelle année scolaire démarrer sous le signe de la contestation sociale.
Djibrilla Touré
