
L’élimination des Aigles du Mali en quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 a laissé des traces bien au-delà du terrain. Au siège de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT), la défaite face au Sénégal (0-1) semble avoir agi comme un révélateur d’un malaise plus profond. Une dizaine de membres du comité exécutif ont annoncé leur départ, plongeant l’instance dirigeante du football national dans une zone de fortes turbulences.
Si aucune communication officielle n’a, pour l’heure, détaillé les motivations exactes de ces démissions, leur simultanéité interroge. Dans l’opinion publique, le lien avec la contre-performance des Aigles est rapidement établi. Depuis l’élimination, la FEMAFOOT fait face à une vague de critiques, souvent virulentes, mettant en cause la gestion administrative, les choix stratégiques et, plus largement, la gouvernance du football malien.
Cette contestation intervient dans un contexte institutionnel déjà fragilisé. Le président de la Fédération, Mamoutou Touré dit « Bavieux », est incarcéré depuis août 2023, une situation inédite qui pèse lourdement sur le fonctionnement normal de l’instance. Pour de nombreux observateurs, l’absence prolongée du premier responsable a accentué les tensions internes et nourri les divisions au sein du comité exécutif.
Sur le plan juridique, la situation reste toutefois encadrée par les textes. Les démissions annoncées ne prennent effet qu’après leur validation par une assemblée générale extraordinaire, conformément aux statuts de la FEMAFOOT. Il revient au secrétaire général de convoquer cette rencontre, au cours de laquelle les membres statutaires devront se prononcer. D’ici là, le bureau exécutif continue d’assurer la gestion courante des affaires du football national.
Au-delà de l’actualité immédiate, cette nouvelle crise remet en lumière une instabilité récurrente au sommet de la FEMAFOOT. Depuis plus de deux décennies, rares sont les mandats arrivés à leur terme sans heurts. Mamoutou Touré, réélu pour un second mandat courant jusqu’en août 2027, fait figure d’exception dans un environnement marqué par des changements fréquents de direction. Une fragilité structurelle que beaucoup estiment préjudiciable à la performance sportive du pays.
Alors que les Aigles quittent prématurément la CAN 2025, la Fédération se retrouve à un moment charnière. Entre exigences de résultats, attentes populaires et nécessité de réformes internes, la FEMAFOOT est désormais confrontée à une question centrale : comment restaurer la confiance et assurer une gouvernance stable, condition indispensable à l’ambition du football malien sur la scène africaine.
Par ABK
