
La situation alimentaire pourrait se dégrader davantage dans plusieurs régions du monde au cours des prochains mois. Dans un rapport conjoint publié récemment, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) placent le Mali parmi les pays où les populations risquent de faire face à une aggravation de l’insécurité alimentaire aiguë entre juin et novembre 2026.
Selon les deux agences onusiennes, treize pays sont actuellement considérés comme des zones de forte préoccupation. Parmi eux figurent plusieurs États africains confrontés à une combinaison de conflits armés, de déplacements de populations, de difficultés économiques et d’aléas climatiques. Le Mali rejoint ainsi une liste comprenant notamment Madagascar, le Myanmar et le Liban, où les conditions de vie des ménages les plus fragiles pourraient continuer à se détériorer.
Pour les experts des Nations unies, les conflits demeurent la principale cause de l’insécurité alimentaire dans la majorité des pays concernés. Les violences limitent l’accès aux terres agricoles, perturbent les circuits commerciaux et compliquent l’acheminement de l’aide humanitaire vers les populations les plus exposées.
Dans le cas du Mali, les défis sécuritaires persistants, combinés aux effets du changement climatique et à la vulnérabilité économique de nombreuses familles, accentuent les risques de pénuries alimentaires. Les populations rurales et les personnes déplacées figurent parmi les catégories les plus exposées à cette situation.
Le rapport souligne également que la crise alimentaire mondiale intervient dans un contexte marqué par une baisse importante des financements destinés à l’aide humanitaire. Entre 2022 et 2025, les ressources consacrées à l’assistance alimentaire, à l’agriculture d’urgence et à la nutrition ont fortement diminué, alors même que les besoins continuent de croître dans plusieurs régions du monde.
Les agences onusiennes estiment qu’environ 266 millions de personnes sont actuellement confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë dans les pays identifiés comme foyers de la faim. Elles mettent en garde contre le risque de voir des millions d’autres personnes basculer dans une situation encore plus critique si des mesures urgentes ne sont pas prises.
Face à cette perspective, la FAO et le PAM appellent à un renforcement rapide des interventions humanitaires, à un soutien accru aux moyens de subsistance des populations et à des investissements destinés à renforcer leur résilience face aux crises répétées.
Au Mali, le Plan de réponse humanitaire 2026 prévoit une assistance en faveur de 3,8 millions de personnes parmi les 5,1 millions identifiées comme ayant besoin d’un soutien. À l’échelle du Sahel, les Nations unies estiment que plus de 24 millions de personnes auront besoin d’une aide humanitaire cette année, tandis que près de 15,5 millions pourraient basculer dans une situation de crise alimentaire ou pire dans les mois à venir.
Ces prévisions rappellent l’ampleur des défis auxquels sont confrontés le Mali et l’ensemble de la région sahélienne, où la lutte contre la faim reste étroitement liée aux enjeux de sécurité, de développement et de résilience des communautés.
Par Abdallah Keïta
