
La 12ᵉ édition du Tour cycliste international du Mali s’est ouverte ce mardi 14 avril 2026, dans une ambiance électrique dans la cité verte du Kénédougou. Entre ferveur populaire, performances sportives et messages de cohésion sociale, cette première étape a tenu toutes ses promesses, avec en tête d’affiche la victoire éclatante du Malien Tiemoko Diamoutènè.
Dès les premières heures de la matinée, la capitale du vélo a répondu massivement à l’appel. Le top départ a été donné par la gouverneure de la région de Sikasso, Mme Marie Claire Dembélé, lançant officiellement une compétition placée sous le thème : « Pédaler pour la paix et l’unité ».
Sur un circuit de 10 tours, soit une distance totale de 114 kilomètres (11,4 km par boucle), les coureurs issus de plusieurs pays ont offert un spectacle intense, ponctué par trois sprints intermédiaires (points chauds). Tiemoko Diamoutènè s’est rapidement illustré en remportant le premier point chaud, avant de récidiver au troisième. Entre-temps, le deuxième sprint a été dominé par son compatriote Dramane Kouma.
Très vite, la course s’anime. À cinq tours de l’arrivée, le Mali prend les commandes avec une avance de 25 secondes sur le peloton, galvanisant un public acquis à sa cause. Dans un sursaut d’orgueil, Yaya Diallo tente une échappée audacieuse à deux tours de la fin. Tel un lion en réveil, il prend la tête du peloton avant d’être rattrapé, puis de repartir à l’attaque. Une combativité qui lui vaudra finalement la cinquième place de cette première étape.
Mais au terme des 114 kilomètres parcourus en 2 heures, 28 minutes et 25 secondes, à une vitesse moyenne de 46 km/h, c’est bien Tiemoko Diamoutènè qui s’impose, confirmant son statut de leader. Il devance Saturnin Yameogo, arrivé deuxième, et Rahil Zouhair de Guinée-Bissau, troisième.
Le Malien réalise un véritable coup de maître en raflant plusieurs distinctions : maillot jaune de leader, classement général par points, écharpe du plus combatif malien et celle du meilleur jeune. Il partage également le Prix AES avec Saturnin Yameogo et Ibrahim Seydou, tandis que Rahil Zouhair remporte le prix de la plus longue échappée.
Au-delà de la performance sportive, cette première étape a été marquée par une forte mobilisation populaire. « C’est un plaisir et un honneur de recevoir cette activité dans la cité verte du Kénédougou », a déclaré la gouverneure Mme Dembélé, soulignant que le cyclisme est « un sport qui rassemble les populations de tous horizons » et renforce la cohésion sociale.
Même satisfaction du côté des organisateurs. Représentant le ministre de la Jeunesse et des Sports, Djibril Dramé a salué l’engagement de la Fédération malienne de cyclisme et de son président Sidy Bakayoko, estimant que « cette première étape montre que l’avenir est prometteur », avec une forte mobilisation du public tout au long du parcours.
Le président de la Fédération malienne de cyclisme s’est, lui aussi, réjoui du bon déroulement de la compétition. Il a mis en avant une organisation sans incident, tant sur le plan sanitaire que sécuritaire, et une participation internationale de qualité. Selon lui, la victoire de Diamoutènè « n’est une surprise pour personne », tant le coureur s’impose aujourd’hui comme l’un des meilleurs cyclistes du continent.
Lucide après sa victoire, le maillot jaune reste toutefois prudent : « Il est facile de remporter une étape, mais le plus difficile est de conserver le maillot », a confié Tiemoko Diamoutènè, appelant à une mobilisation collective pour défendre cette avance jusqu’au bout du tour.
Avec un départ aussi spectaculaire, le Tour cycliste international du Mali 2026 est bien lancé. Et déjà, tous les regards sont tournés vers les prochaines étapes, où la bataille pour la tunique jaune s’annonce encore plus intense.
Par Abdrahamane Baba Kouyaté depuis Sikasso
